Les Témoignages des Porteurs


A travers ces témoignages de porteurs, vous vous retrouverez peut-être?

Ces témoignages sont là pour vous permettre de vous prouver que vous n'êtes pas les seuls à porter un défibrillateur et que le fait d'être implanté d'un DAI ne signifie pas que l'on doit nécessairement, rester sans aucune activité, mais qu'il faut avoir tout de même une certaine hygiène de vie.

Faites nous parvenir votre témoignage (par mail), nous serons heureux de le publier dans cette rubrique.

Par Clément 16 ans à Thizy (69)

« Dans notre famille, nous avons une maladie génétique : une myocardiopathie hypertrophique. Cette maladie
n'avait pas été décelée chez moi jusqu'à ce lundi 26 février 2007 !
J'étais au lycée, nous étions en route pour aller en EPS (Education Physique et Sportive) et je me suis écroulé au sol, victime d'une fibrillation cardiaque suivie d'un arrêt cardiaque ou « mort subite » !!!
Un lycéen de 20 ans, qui est de plus sapeur pompier volontaire à Thizy (mon papa est officier, ma soeur est pompier et j'étais jeune sapeur pompier dans cette même caserne), a été alerté par les cris de mes amis qui cherchaient de l'aide. Le jeune lycéen est monté et a entamé la réanimation cardio-pulmonaire, puis les pompiers sont arrivés et m'ont choqué une fois avec le DSA (Défibrillateur Semi Automatique) et mon coeur s'est remis à battre, ensuite le SAMU a pris le relais et ma tension est redevenue normale. Ils m'ont plongé dans un coma profond durant 8 jours. Quand je me suis réveillé, je ne savais pas où j'étais et ce qu'il m'était arrivé. Les médecins de la réanimation ainsi que mes parents et ma soeur m'ont tout expliqué et m'ont dit qu'il fallait que l'on m'implante un défibrillateur cardiaque.
Le 13 mars 2007, on m' a implanté un défibrillateur.
Depuis, je vis bien. J‘ai repris mes cours mais pour mon travail futur, je ne pourrais pas le faire car je suis en BEP électrotechnique.
J'ai conscience que j'ai eu énormément de chance car seulement 1 à 2% des personnes survivent à une « mort subite ». Je dois la vie à Damien, le jeune lycéen et pompier volontaire.
Mon grand frère, lui, n'a pas eu cette chance car il y a 19 ans, un arrêt cardiaque similaire au mien l'a emporté et personne n'était là pour le réanimer : il avait seulement 11 ans !!
Maintenant, avec mon ange gardien (mon défibrillateur), je me sens en sécurité malgré le fait qu'au départ, cela a été difficile de l'accepter. Je vais vivre une seconde vie !!!
Bon courage à tous. »

Par Hervé MANGEL

Témoignage d'Hervé MANGEL, 33 ans, Bayonville sur Mad (54).
Aujourd'hui, j'ai 33 ans. Je suis membre actif de l'APODEC mais mon parcours a été douloureux…
Je fais vite un retour en arrière pour vous expliquer mon chemin… 2005 devait être pour moi une belle année, je
m'appretais à fêter mes 30 ans. Mon frère cadet est décédé brutalement en mai, il avait 27 ans. Ne s'étant pas présenté à son travail (il vivait seul à cette période en Alsace), son employeur a alerté mes parents. La police et les pompiers l'ont retrouvé mort depuis 3 jours dans son lit.
Mon frère n'avait jamais eu auparavant de soucis cardiaques, toute la famille était anéantie. Quelques semaines après ce drame, notre soeur infirmière a pensé qu'il serait sage de faire faire a tous des tests cardiaques afin de vérifier s'il n'y avait pas de problème. C'est en raison de ce qu'elle savait, grâce à son métier, qu'elle a insisté pour que nous fassions des recherches.
Fin août 2005, j'ai fait le nécessaire sans conviction un jeudi et à l'issue des tests, le cardiologue a juste dit à ma soeur qu'il y avait ‘'un petit truc'' et qu'il souhaitait que je fasse des examens complémentaires. Le mardi, on lui annonce que je suis porteur du syndrôme de Brugada et le cardiologue m'annonce « il faut vous implanter ».
Et une semaine après, le jeudi 08 septembre 2005, j'ai été implanté à Nancy. Le samedi 10 septembre de retour à la maison, j'étais complètement déboussolé.
Pour couronner le tout, le 11 novembre, mon grand–père décède. TROP C'EST TROP ! J'avoue que j‘ai craqué.
Heureusement j'ai décidé d'aller consulté une psychologue, ça m'a beaucoup aidé et puis j'ai enfin appelé l'APODEC… c'est vrai que j'ai eu du mal à faire cette démarche mais je ne le regrette pas. J'ai eu une personne au téléphone et habitant dans la même région, nous nous sommes donnés rendez-vous dans un café. On a parlé 2 heures durant, on a échangé, on s'est compris. Cela m'a fait un grand bien de rencontrer une personne porteuse comme moi.
Depuis, j'ai adhéré à l'APODEC, je suis devenu un membre actif de l'association, je suis membre du bureau, je participe aux rencontres régionales et nationales. J'ai participé à 2 salons CARDIOSTIM en juin dernier à Nice et Paris en octobre.
J'aide les autres, je vais faire des visites aux porteurs et j'accueille aussi les appels téléphoniques.
A l'APODEC, j'ai trouvé du soutien, de l'amitié et de la bonne humeur. Je profite de la vie à pleine dent maintenant,
car je n'osais pas avant, dû à ma timidité qui passe au fil du temps. Je pratique l'une de mes passions, la photo.

Par Maria A

Je suis âgée de 44 ans avec un lourd passé médical (trois cancers, hépatite B disthyroïdie, vertiges de Ménières, ostéoporose, etc…).
Plus cardiaque (Tétralogie de Fallot, opérée à trois reprises 1972-2000-2002) avec mise en place d'une prothèse mécanique, tachycardie.
Dernier recours : pose du défibrillateur le 18 novembre 2005. Le 8 janvier 2007  j'étais assise à mon bureau, seule chez moi et là, apparition de secousses sternales liées à des déclenchements du défibrillateur, pendant 6 secousses successives, j'appelle le SAMU 77 vers 8h15 du matin en leur précisant que je suis porteuse d'un DAI. Premiers secours à intervenir : les pompiers vers 8h45 constatant leur impuissance face à ces chocs inappropriés. Ils n'osaient pas m'approcher de peur de recevoir des décharges. Je les sentais tristes et désolés de ne pouvoir m'aider car ils ne sont pas formés à ce type d'intervention. La plupart ne connaissent même pas le défibrillateur implantable.
Vers 9 heures les médecins du SAMU arrivent enfin et constatent après un ECG qu'il y a probablement un dysfonctionnement du DAI sur déplacement de la sonde.
Je les supplie de mettre fin à ces chocs qui deviennent insupportables physiquement et psychologiquement. Et là un médecin du SAMU me répond très gentiment "chère Madame, je suis désolé mais on n'a pas le matériel avec nous pour stopper vos chocs"

Désespérée je leur demande de me conduire dans mon centre d'unité de Cardiologie qui ne se trouve pas dans le même département (situé à 30 minutes environ de mon domicile). Ils hésitent et moi j'insiste. J'ai l'impression à ce moment là que c'est ma dernière heure. Les chocs se succèdent à répétition. Après quelques appels téléphoniques, ils décident enfin de me transférer dans ce centre.
Entre leur arrivée à mon domicile et l'arrivée en service de réanimation il s'est écoulé1h30.
Au cours du transport, 30 chocs sont notés.
J'arrive enfin en cardio intensive où mon rythmologue  m'attend déjà et me pose tout simplement dans un premier temps un aimant sur mon thorax pour stopper les décharges et dans un second temps désactive mon défibrillateur. Ce qui est difficile à accepter c'est que des services d'urgentistes ne soient ni formés ni équipés pour désactiver un défibrillateur et laisse un patient dans sa détresse. La souffrance par les multiples chocs électriques reçus est tellement douloureuse que je me suis vue mourir en pleine conscience à 36 reprises durant ces deux heures.
Je sais par expérience aujourd'hui que seule je ne peux m'en sortir psychologiquement sans l'aide d'un spécialiste et qu'il faut énormément d'efforts et de temps pour me relever d'un tel traumatisme.
Dans mon cas j'ai éprouvé beaucoup de colère envers le SAMU qui, ce jour du 8 janvier 2007, aurait pu arrêter tous ces chocs inappropriés par le simple petit aimant.

par Corinne 46 ans

Suite à des palpitations répétées et de plus en plus fréquentes, je décidai en janvier dernier de prendre rendez-vous afin de faire un contrôle chez le cardiologue qui m'avait auscultée une première fois en 1999 sans rien déceler.
Sur le conseil avisé du médecin, nous décidons de poser un holter avant la consultation de contrôle. Le rendez-vous est pris pour le 11 mars. De janvier à mars les palpitations continuaient à me tenir compagnie régulièrement. La semaine précédant le lundi 11 mars, la secrétaire du cardiologue me contacte par téléphone pour m'annoncer qu'il ne pourrait pas honorer le rendez-vous car il n'y avait pas suffisamment de holters pour m'assurer une mise en place de 24 heures. Il fallait donc repousser d'une semaine.  Le rendez-vous était pris pour le 18 mars pour le holter et le 21 pour la consultation.
La suite de mon histoire a été un coup de tonnerre puisque le 21 mars quand j'entrai dans le cabinet du docteur pour, à mon idée, une simple consultation il ne me lâchait plus et j'en ressortis 12 jours plus tard après des examens approfondis et deux interventions, une à Bordeaux, une à Toulouse et la perspective de l'implantation d'un défibrillateur pour terminer. En fait, le 18 mars j'avais nettement ressenti un malaise vagal en fin d'après-midi mais l'interprétation de ce malaise sur le holter était sans appel : tachycardie ventriculaire avec salve cardiaque à 240 bpm à 17h46 précises, probablement due à une cardiopathie familiale maligne + tachycardie auriculaire plus communément appelée maladie de Bouveret + troubles lipothymiques fonctionnels. Ma maman est décédée en 1981 d'une mort subite à 55 ans et ma sœur aînée en septembre dernier à l'âge de 53 ans mais ni l'une ni l'autre n'étaient suivies pour troubles cardiaques.
J'ai 46 ans, j'étais en pleine activité dans une profession indépendante et si le holter avait été placé initialement le 11 mars comme prévu, tout serait passé inaperçu.
Même si psychologiquement l'épreuve est difficile j'ai pris conscience de la chance incroyable qu'on ait pu déceler cette cardiopathie sur un holter de 24 heures et que si maintenant mon "garde du cœur" (intimement appelé DAI ou défibrillateur) veille sur moi en permanence, j'ai certainement eu le 18 mars la protection de deux anges gardiens. Je sers aussi de sonnette d'alarme pour les membres de ma famille dont mes quatre autres sœurs qui se font actuellement suivre dans les différentes régions de France et de Navarre.

Par Pierre G

Pierre, 3 enfants, Prof d'histoire-Géographie : Depuis très longtemps je savais que dans ma famille paternelle on mourrait sans crier gare et sans avoir le temps de faire ses bagages, de préférence pendant son sommeil. Mon père m'en parlait déjà quand j'étais petit lorsqu'il évoquait ses aïeux et il ajoutait que c'était une belle mort. J'ai commencé à trouver cela moins agréable lorsqu'un beau matin ma mère m'a téléphoné pour m'indiquer que mon père ne s'était pas réveillé. Le médecin a parlé d'un infarctus, il se trompait mais les diagnostics post-mortem ont après tout un intérêt très relatif. Deux ans plus tard, après avoir lu par hasard un article sur les troubles du rythme, je me suis décidé à consulter un cardiologue, qui m'a trouvé en pleine forme : à l'époque, je courais le semi-marathon en un temps impressionnant et ils étaient peu nombreux ceux qui me suivaient sur un vélo. Et puis j'avais 33 ans l'âge où l'on ne meure guère, sauf quand on est le Messie. Tout de même ce cardiologue a eu un doute et m'a conseillé de rendre visite à un rythmologue avisé. Celui-ci n'a pas tardé à démontré que je souffrais, sans le savoir, d'un syndrome de Brugada et que je pouvais tomber raide mort à tout moment. Je l'ai cru sur parole et je pense que j'ai eu bien raison. J'ai accepté avec un mélange d'angoisse et de soulagement la pose d'un défibrillateur (j'avais déjà vu un reportage TV sur cet appareil et jamais je n'aurais cru en avoir besoins un jour).
En ces temps reculés et barbares (2000, notre chère Sécurité Sociale refusa la prise en charge, sous prétexte que je n'avais pas encore de symptômes ; mon médecin eu beau expliquer que le problème avec le Brugada est que le premier symptôme est souvent mortel : rien à faire ! J'aime l'Administration (d'ailleurs je suis fonctionnaire).Finalement la Sté Medtronic m'a donné ce défibrillateur : que cette Entreprise en soit remerciée, même si les objectifs commerciaux n'étaient pas sans rapport avec le geste. Quel paradoxe : une Société américaine symbole du libéralisme le plus pur, qui comble les lacunes de notre système de santé ! …  Fort heureusement et notamment grâce à l'APODEC, la Sécu n'attend plus notre mort pour nous rembourser.
Quoi qu'il en soit, il me paraît évident que cette petite machine est une grande chance, un immense progrès ; elle me gène peu, je l'entretiens régulièrement avec du vin rouge et du cholestérol et je pense avec émotion à mes très nombreux ancêtres qui sont morts sans pouvoir en bénéficier. Désormais, pour m'arracher le cœur il faut une pince coupante !

Par E. H.

Je suis rentré à l'hôpital de D… le dimanche 28 mars 2004. Mon implantation était prévue le lendemain. (avant l'heure de l'intervention, je n'ai rencontré aucun médecin et les infirmières m'ont dit que les essais du DEF se faisaient sous anesthésie générale). Le 29 mars, vers 12h on m'a emmené pour l'implantation. C'est ici que j'ai vu pour la première fois le médecin. A sa grande surprise, j'étais très stressé ! ! !
C'est à ce moment là qu'il m'a dit que les essais ne se feront pas sous anesthésie générale mais seulement sous un gaz hilarant avec lequel on reste conscient et où l'on entend tout ce qui se passe.. Lors de l'opération le chirurgien a eu des difficultés à accrocher la sonde, cependant, à la 3ème reprise, il réussit à la visser. Au moment des essais, après plusieurs reprises pour le gaz hilarant, ils me prévenaient qu'ils envoyaient 20 puis 30 joules. Je me suis donc vu faire des bonds sur la table d'opération. Cependant comme je supportais mal le gaz et les essais, ils ont tout arrêté. Le soir dans ma chambre, le médecin est venu m'annoncer qu'ils voulaient procéder à d'autres essais, sous anesthésie générale car ils n'avaient pas pu faire le dernier essai. Le médecin ne comprenait pas du tout ma peur ni la réaction que j'avais pu avoir lors de l'opération. Vers 23 h je me suis plaint de fortes douleurs mais brèves au niveau du cœur. Selon les infirmières ces douleurs étaient uniquement psychologiques ! Toute la journée je me suis plaint de douleurs qui revenaient de plus en plus souvent et de plus en plus fort. C'est vers 17h, le lendemain de l'intervention, en me voyant plié en deux de douleur et en sueur que l'infirmière a appelé l'interne du service. On me passa une radio et une écho. Une heure après, après m'avoir annoncé que la sonde s'était détachée, ils me descendirent au service des soins intensifs de cardiologie. La sonde étant déplacée, elle envoyait effectivement de mini impulsions. J'ai donc passé 3 jours sous morphine aux soins intensifs.
Le jeudi 1er avril eu lieu la deuxième opération pour changer la sonde et refaire des essais mais le tout sous anesthésie  générale. Je fus transféré le samedi suivant vers A…, en cardiologie. Ils ne voulaient pas me laisser sortir. J'avais légèrement de la fièvre lorsque le mardi j'atteignis les 40°. Ils me mirent sous antibiotiques pour traiter une vénité ( inflammation de la veine), source possible de l'infection que j'avais.
Aujourd'hui, après 15 jours d'hôpital je suis encore sous antibiotiques, cependant les médecins ont peur d'une infection de la sonde et donc du cœur. Il me reste une semaine de traitement, avec prises de sang régulières. Maintenant je ne dors quasiment plus, me revoyant recevoir les chocs électriques, j'ai peur d'une infection, peur que l'appareil se déclenche, peur de mourir….
Cependant, maintenant j'essaie d'oublier de vivre normalement. Mais je pleure tous les jours j'ai beaucoup de mal à accepter le DEF et toutes les complications qu'il y a eu.
               

Par Philippe SAC

Jusqu'à l'âge de 25 ans, je menais une vie tout à fait normale. Passionné et pratiquant le football depuis tout jeune. Aucun souci de santé. Je savais juste que mon oncle avait un problème sérieux au cœur. Une malformation cardiaque (dysplasie ventriculaire droit) qui provoquait chez lui depuis de 30 ans des tachycardies ventriculaires et des interventions d'urgence suivies de longs séjours hospitaliers.
Le 1er avril 1996 ( beau poisson…) j'ai fait à mon tour une tachycardie ventriculaire (220 cycles/mn) suite à un effort physique. Même diagnostic que mon oncle. Un médicament à prendre scrupuleusement matin et soir et j'étais à l'abri pour un certain temps. Quatre ans et demie après, en octobre 2000, dans un restaurant, j'ai développé de nouveau une tachycardie ventriculaire mal tolérée. Il a alors été décidé de m'implanter aussitôt un défibrillateur (DEF). Quelques suites post-opératoires (un pneumothorax et un problème de fréquence de détection du DEF) et j'ai repris une vie privée et professionnelle tout à fait normale.
J'ai maintenant 31 ans et plein de projets dans la tête. Il m'a fallu du temps, après la découverte de ma maladie, pour accepter de vivre avec mes peurs : la peur d'un nouveau malaise, la peur de n'avoir aucune certitude sur mon état de santé, la peur de la mort. Avec le soutien de ma famille, de mes amis et de l'ensemble des équipes médicales, j'ai appris à "vivre avec", tout simplement.
L'implantation du défibrillateur m'a considérablement conforté dans cette démarche. Quelle chance d'avoir ce boîtier dans le torse lorsque, il y a quelques mois, je faisais 6 épisodes de tachycardie ventriculaire en une soirée et que le DEF les stoppait par stimulation les unes après les autres. Plus besoin de SAMU, de séjour à l'hôpital (quel retour sur investissement pour la Sécu…..) et une vie de tous les jours considérablement améliorée. Depuis quelques jours, le matin à la vision de mon DEF dans la glace, je ne pense pas à mon état de santé mais à l'Eté qui arrive et l'envie que j'aurai de me mettre torse nu.
En écrivant ces lignes, je pense à mon oncle décédé il y a peu, à son courage face à la maladie et au soutien qu'il m'a apporté dans les moments difficiles. Ce témoignage se veut avant tout un message d'espoir devant le progrès médical, l'espoir que demain un maximum de personnes puisse en bénéficier.

Par Sophie JACQUAT

J'ai 46 ans, je suis mariée et j'ai 3 enfants (22, 19 et 14 ans). Aucun souci particulier de santé, aucun antécédent cardiaque.
Le 19 Septembre 2002 après une journée de travail tout à fait normale et habituelle, à 22h30 j'i fait une syncope… tachycardie ventriculaire. Par chance, mon mari était proche de moi dans la maison. IL a pu réagir immédiatement, appeler le SAMU (15)…. Moi, je crois que n'ai pas compris que tout ceci était si grave. Quinze jours de soins intensifs, multiples examens, surveillance, puis le Professeur SADOUL m'a annoncé et expliqué qu'il fallait me poser un défibrillateur. Epuisement, angoisse, incompréhension d'être si sérieusement en danger. Les infirmières m'ont beaucoup expliqué mais je n'avais pas vraiment envie de savoir. Implantation et sortie deux jours après avec, dans ma tête, les paroles du médecin qui résonnaient "reprise d'une vie normale" ; je n'y croyais pas du tout, j'étais vidée avec le souvenir violent de ce malaise brutal. Comment y croire ?
Aujourd'hui, 4 avril 2003, ma vie est "normale". Je retravaille. Je reviens de Lyon où j'ai assisté à la réunion annuelle de l'APODEC. Je sais que la vie normale, c'est vrai, c'est juste, c'est la réalité. Mon défibrillateur s'est bien installé, on a fait "ami-ami" et grâce à lui, je ne vis pas sur le qui-vive. Mes proches sont aussi contents que le défibrillateur soit là. Je crois que c'est un moment douloureux non seulement pour le patient mais aussi pour son entourage proche. On a besoin d'aide, d'écoute, de soutien et pour moi, rencontrer d'autres personnes qui portent cet appareil m'a beaucoup réconfortée et permis d'avancer. Merci à Michel LEFEBVRE et à Davy SALMON ; certains jours je ne pense plus du tout à mon appareil…. Je l'oublie. Je savoure la vie.

Par Sandra FRANCOIS

Je m'appelle Sandra, j'ai  31 ans, mariée et maman d'une délicieuse Eva âgée de 5 ½ ans. Les médecins ont découvert ma cardiopathie suite à la mort subite de ma sœur aînée Véronique que j'adorais. Elle n'avait alors que 20 ans. Mon papa étant lui aussi décédé d'une façon étrange, il semblait évident de passer le reste de la famille au peigne fin. Le nom de cette maladie a alors été tracé sur ma route d'adolescente angoissée par un avenir incertain, médicalement parlant. J'ai grandi en essayant de vivre avec et en me rassurant de vivre plutôt bien malgré un traitement médicamenteux qui me semblait générer un certain épuisement physique. Je me rappelle les coups de pompe traumatisants que j'essayais en vain de surmonter. Mais il semblait fondamental aux dires des médecins de continuer à prendre ces cachets pour minimiser les risques. L'année dernière a été pour moi une véritable : j'ai cessé mon travail de laborantine en raison de mon état de santé qui se dégradait. Je perdais confiance, mais d'une nature battante et aidée par mon entourage, j'ai réussi à refaire surface. E puis il y a un mois, d'une simple surveillance à l'hôpital, je me suis retrouvée en soins intensifs suite à un sérieux malaise. Un professeur au langage plutôt cru m'a expliqué que le traitement médicamenteux habituel était stupide dans le sens que rien n'était prouvé dans son efficacité; en outre, il m'assurait du danger quand à la prise des médicaments. D'emblée il me parla du défibrillateur cardiaque implantable, capable à lui tout seul d'intervenir sur les troubles du rythme et d'administrer si besoin vital était, un choc électrique. Je n'avais jamais entendu parler de cela et je restait éberluée par les propos de ce professeur, rebelle, certes mais dont la priorité d'améliorer ma qualité de vie me suffisait largement à lui faire confiance. Quatre jours après l'intervention, je rentrais chez moi sans cachet. Depuis je récupère et j'apprécie merveilleusement de savoir que cet appareil veille sur moi.

Par Pascal DAUVILLIER

Il y a trois ans comme tous les week-ends, j'organisais une belle randonnée VTT en montagne. Je suis président de l'AS CAGNES VTT, un club sur la côte d'azur. Cette région est belle, les montagnes dures et les efforts assez violents dans les interminables ascensions. Mon père avait été implanté quatre ans plus tôt, mais je pensais être à l'abri d'un tel problème, moi qui étais très sportif, cela ne pouvait pas m'arriver… Et pourtant, comme beaucoup de membres de l'APODEC, je suis un miraculé. Ayant fini ma randonnée je me suis senti très fatigué et quelques minutes plus tard mon cœur est entré en tachycardie ventriculaire, suivi d'une fibrillation. Deux heures après j'entrais en réanimation où je faisais un arrêt cardiaque. Trois jours après j'étais implanté et je pouvais de nouveau voir l'avenir avec sérénité. A 35 ans, je continue à faire du sport avec modération, je fais de la prévention auprès des sportifs pour les sensibiliser sur les risques et sur l'importance des tests d'effort. Enfin, je savoure ma vie de famille et le privilège de voir mes enfants grandir.

par Jean-Luc HAMELIN

Traité par médicaments depuis l'âge de 18 ans pour une cardiomyopathie obstructive, ma pathologie évoluait rapidement, entraînant des essoufflements, des petits malaises, qui interdisaient tout effort soutenu et imposaient l'arrêt de toute activité physique. En Août 1998, en vacances dans les gorges de l'Ardèche, je fus pris d'un malaise qui entraîna, à deux reprises, une perte de connaissance. Les secours arrivèrent rapidement sur place, je repris connaissance mais je me sentais faible et angoissé avant de me retrouver en soins intensifs de cardiologieoù, pour la première fois, j'entendis parler de défibrillateur implantable. En février 1999, des examens confirmèrent une évolution très nette de ma pathologie et mon cardiologue me conseilla de voir le Dr Daniel GRAS pour une éventuelle implantation d'un défibrillateur cardiaque. A 35 ans le choc fut difficile à accepter, mais le risque de mort subite était trop important. Le 14 avril 1999 le Dr Daniel GRAS m'implanta ce fabuleux appareil qui m'a permis, avec le recul d'un an, de reprendre goût à la vie et d'avoir une existence normale (monter des escaliers, chahuter avec mes enfants) et même reprendre le sport !

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